Corbeaux. Journal 2000

sans dateVendredi 16 juin 2000, onze heures du matin. Qu’il est malin, ce Pierre ! Après l’écrit du Capes, il a réussi également l’écrit de l’agrégation, et le voici admissible à l’oral. Je suis fier de lui comme un père. Il dit gentiment que c’est à la docte atmosphère de Plieux qu’il doit son succès — demi-succès, certes, car il reste l’épreuve redoutable des oraux.

Après une promenade sur le plateau nous sommes allés fêter la bonne nouvelle à l’hôtel de Bastard, à Lectoure, où nous avons fait sur la terrasse un excellent dîner. C’était un soir magnifique. Le jour n’en finissait pas de tomber sur la chartreuse de Vacquié et sur ses plantations en ordre impeccable, de l’autre côté de la petite vallée où sont les cimetières. Même après que le soleil avait disparu, il restait dans l’air un on ne sait quoi de pâlement doré, une longue impossibilité à mourir.

Les patrons de l’hôtel avaient vu mon émission sur Canal Plus avec Alain Finkielkraut, et m’en ont dit grand bien. Plusieurs correspondants m’en félicitent également. À moi elle avait semblé catastrophique, et surtout très effrayante, par ce qu’elle révélait du pouvoir absolu des producteurs et des monteurs à vous faire dire ce qu’ils veulent et même à vous faire être ce qu’ils ont décidé que vous étiez. Apparemment tout le monde n’en juge pas de même. Tant mieux.

Ce matin aussi le temps est superbe. M. Auvergne, le trésorier de Pli selon Pli, a téléphoné à l’huissier qui mercredi me menaçait de saisie sous huit jours. Il doit lui reparler lundi et ne désespère pas de trouver avec lui un accommodement. Bien entendu il faudra toujours payer, et bien entendu la dette va retomber sur moi puisque l’association n’existe pour ainsi dire plus. Mais M. Auvergne semble penser que des arrangements sont possibles, ne serait-ce que sous la forme d’un échelonnement.

Le projet de Corbeaux et de L’Affaire Camus prend l’eau. Je croyais être convenu avec Michel Prigent, des P.U.F., d’une lecture très rapide de sa part en vue d’une éventuelle publication en urgence. Mais il y a maintenant dix jours qu’il a les textes, et je n’ai aucune nouvelle de lui, ce qui me paraît très étrange car il paraissait très enthousiaste, au téléphone. Qu’il ne soit plus intéressé, je le comprendrais très bien, mais de là à ne même pas daigner m’en informer...

Du coup, sur les conseils de Rémi Soulié, j’ai envoyé les manuscrits à Pierre-Guillaume de Roux, qui dirige les éditions des Syrtes. Mais lui ne semble pas très pressé non plus, car il a dit à Rémi qu’il les lirait pendant ce week-end. La perspective d’une publication précipitée, avant l’été, est donc écartée de fait, désormais. Même celle d’une publication à la rentrée est tout à fait floue.

Je viens de parler à mon vieil ami Jean-Pierre Sicre, qui dirige les éditions Phébus. Mais lui, si tant est qu’il soit intéressé, ne pourrait faire paraître les livres qu’en janvier 2001. Ils n’auraient plus lieu d’être, à mon avis. “L’Affaire Camus ne sera plus alors d’actualité, il faut l’espérer. Et quant au “journal avancé”, il ne serait plus assez avancé.

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