NON. Journal 2013

créée le dimanche 31 mars 2013, 15 h 19
modifiée le dimanche 31 mars 2013, 18 h 59
Samedi 30 mars 2013, minuit et demi.
J’ai tout de même eu la curiosité d’aller voir dans le journal 2000 (qui n’a pas été publié chez Fayard mais chez P.O.L — décidément le moindre détail est faux, dans cette histoire… ) ce que je disais de Me Pierrat et de mes rapports avec lui cette année-là, puisqu’il raconte à Newsring que je l’ai « traité de tous les noms », ainsi que son confrère Me Leclerc. Or il n’y a pas dans le volume (ni ailleurs) un mot contre eux. Tous les deux me conseillent, directement ou indirectement, de couper d’assez nombreux passages dans le livre que je projette sur l’“Affaire”, et bien entendu l’idée de ces coupures ne m’enthousiasme pas, non plus qu’elle n’enthousiasmerait quelque écrivain que ce soit ; mais pas la moindre phrase n’implique que, de leur avis, je tienne rigueur à ceux qui me l’exposent. La phrase la plus proche de l’ombre d’un reproche est celle-ci, et elle en est encore bien loin, il me semble :

« Ce Me Pierrat que j’ai vu il y a trois semaines est trop réservé à l’égard de mes positions et de moi pour constituer un défenseur bien engageant. » (K. 310, p. 370)

Voilà donc ce qui devient, sous la plume ou dans les propos de l’avocat treize ans plus tard :

« Il était venu me consulter, je lui avais donné des conseils, et six mois plus tard, j’avais le pire rôle qui soit, avec un confrère, dans un journal de Renaud Camus – publié chez Fayard — où il avait réécrit nos conseils et nous avait traités de tous les noms. »

Cette phrase est une invention pure, elle est totalement mensongère, elle est gravement diffamatoire et rien n’est plus facile que de le prouver puisqu’elle fait référence à un livre publié, dit-elle, « six mois plus tard » (en fait trois ans), chez un éditeur qui n’est pas celui qu’elle indique, mais il ne peut pas s’agir d’un autre ouvrage — je ne parle de Me Pierrat nulle part ailleurs (Corbeaux, publié aux Impressions nouvelles en 2000, porte le même texte exactement que celui de K. 310, pour une période plus courte).

Que fait-on en pareil cas ? On intente un procès en diffamation ? Je n’en ai pas les moyens. On demande un droit de réponse ? C’est toute une paperasserie dont je n’ai pas le temps et les journaux n’y font droit qu’à la condition que la requête soit assortie de menaces sérieuses, appuyées par un avocat. Je n’ai aucune envie de me lancer dans tout cela. Il ne me reste donc pour obtenir justice — je trouve très désagréable d’être présenté comme l’écrivain-concierge qui raconte tout ce qu’il vit avec tel ou telle et surtout le fait avec malveillance et sur un ton grossier (« il nous avait traité de tous les noms… ») — que la ressource de ce journal, qui est lu tous les jours par soixante-dix personnes, ce qui n’en fait pas précisément la gazette de la justice rétributive…

Reste la question des motifs. Quoi donc a pu pousser cet avocat médiatique et bien en cour à prétendre que je lui ai donné le pire rôle, que j’ai réécrit ses conseils et, surtout, l’ai « traité de tous les noms » ? Je n’exclus pas tout à fait qu’il soit sincère, qu’il croie vraiment que les choses se sont passées comme cela. Dans le milieu où il évolue je suis une bête noire, un ennemi public, une espèce de monstre. On me prête couramment tous les défauts imaginables. Me Pierrat m’aura vu, ou plutôt se sera souvenu de moi, tel qu’on lui disait que j’étais. Il s’est donné le rôle d’un opposant de toujours à mon ignominie bien connue, d’une précoce victime de ma malignité. De même, au moment de l’“affaire” ou un peu plus tard, un ancien pensionnaire de la villa Médicis, qui l’avait été en même temps que moi mais dont je n’avais pas le moindre souvenir (et depuis je l’ai roublié…), racontait à qui voulait l’entendre qu’il avait très tôt vu dans mon jeu, qu’il ne supportait pas mes opinions et que nous nous étions gravement accrochés. Il n’y avait pas le moindre fondement à ce récit, mais il valait passeport pour le pays du Bien. Me Pierrat avait peut-être besoin d’un visa.

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