Morcat. Journal 2014

créée le mercredi 4 juin 2014, 10 h 51
modifiée le dimanche 15 juin 2014, 15 h 58
Mardi 3 juin 2014, minuit dix.
Un certain Sébastien Brémond informait les lecteurs du site de l’In-nocence, ce matin, que “nopseudo444” n’était autre que le jeune Marien Defalvard, lequel s’était vaguement manifesté à deux ou trois reprises sur la même agora, ces dernières années, puis s’en était retiré, sans doute vexé de ne pas y rencontrer l’attention ou les assentiments qu’il estimait mériter.

J’avoue, dans ma naïveté, n’avoir pas reçu cette nouvelle sans une certaine stupéfaction : Marien Defalvard, Marien Defalvard, mais est-ce que ce n’est pas, malgré tout (et contrairement à Asensio), ce que l’on appelait jadis un… écrivain français ? Or il y a dans la production twitterienne de Nopseudo quelque chose de tellement bas, tellement sale, tellement abject mais en tout petit, comme une crasse de vieille soupe mélangée à du pus dans la loge des Thénardier, qu’on a du mal — Maurice Sachs et autres indicateurs de police nonobstant — à associer cette immonde chassie avec un emploi quelconque, si médiocre soit-il, au sein de nos malheureuses Lettres. Le seul fait de s’en prendre aux gens, et de quelle manière, avec quels mots, sous pseudonyme, comme on envoie des lettres anonymes, me paraît tellement sordide, tellement irrécupérable, ne disons même pas au regard de l’honneur, qu’il ne faut pas traîner dans ces bas-fonds, mais de la simple et malheureuse dignité d’exister, d’être là sur la terre et parmi les vivants, qu’on préfèrerait n’avoir pas su qu’un quelconque gendelettre, un temps fort choyé du “milieu parisien”, comme on dit, se commet à ce genre d’exercices, et avec quelle putride industrie.

Le pauvre garçon, tout comme Asensio — ils ont énormément de points communs, ce qui ne promet pas à Defalvard une existence bien heureuse, s’il doit passer ses jours, comme l’autre, à la confection furibonde, sur un réchaud d’officine borgne, de frichtis empoisonnés ramenés au pipi de chat… —, est obsédé par l’homosexualité, dix millions de fois de plus que je ne le suis, moi qui ai toujours trouvé le sujet, en tant que sujet, très ennuyeux (un peu comme la politique…). Mais surtout, et encore plus comme Asensio, il a une horreur de chaisière debout sur sa chaise pour toutes les petites trivialités de la vie, celle dont il convient aussi peu de faire une montagne que de les pousser sous le tapis d’un coup de balai. Asensio a mis des années à se remettre, et Dieu sait qu’il ne s’est jamais remis de rien, que je puisse oser parler de mes couilles, quand mes couilles faisaient parler d’elles. C’est dire si ces messieurs ont l’occasion de monter sur les chaises de leur loge, ces temps-ci, et de s’accrocher d’horreur à la suspension gluante, avec mes histoires de calculs et de pointes de diamant en tribulation déchirante vers la sortie. Oh, il, ou plutôt elle, car on parle des homosexuels au féminin, à l’instar de Jean-Michel Leroy, dans ces milieux aristocratiques, oh, il parle d’un caillou dans la verge, ce matin, elle parle d’un déchirement dans la vessie, mais ce type n’a donc aucune idée de la pudeur, est-ce Dieu possible ? Pas la même que la leur, c’est certain ; et surtout je ne la situe pas du tout dans les mêmes régions…

Et comme c’était le jour des révélations nous apprîmes que notre autre ami le “bougnoulosophe” (ah, oui, et du coup, toujours en montant sur sa chaise de cuisine, serpillère en turban sur la tête, on me reproche, c’est le comble, de parler de bougnoule, comme le dernier des beaufs...) n’était autre que certain Jamal Es Samri, intellectuel organique belge de son état, autoproclamé “sociologue de rue” et fondateur naguère d’un site intitulé “Les Indigènes du Royaume”, sur le modèle de nos prétendus “Indigènes de la République”. Lui au moins, qui tous les jours met Bourdieu à la sauce bouteldjesque, a de belles et bonnes raisons de me haïr, tout à fait autres, et plus solides, que mon peu d’attention à de quelconques tentatives d’approche. Mais comme voie d’expression à cette exécration parfaitement fondée il préfère, comme les deux autres, le vieux répertoire de la haine des homosexuels, que je ne savais pas redevenue si vivace, vespasiennes à l’appui — une antique photographie de pissotière en tôle fait leurs délices communes à mon propos, ces temps-ci…

Farreny est d’avis qu’il faut quitter tout cela, car il n’y a rien à y gagner et beaucoup à y perdre, ne serait-ce qu’en se salissant l’âme et l’esprit. Il a bien entendu raison. D’un autre côté il est déplaisant de paraître céder le terrain à ces ...... [autocensuré]. Et puis j’aime ce qui dure — on interrompt toujours tout trop tôt : le Festival de Lectoure et les expositions de Plieux auraient peut-être prospéré, qui sait, si je ne les avais pas abandonnés aux premières difficultés sérieuses.

voir l’entrée du mardi 3 juin 2014 et son image dans Le Jour ni l’Heure

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