Insoumission. Journal 2016

créée le mercredi 17 février 2016, 12 h 28
modifiée le mercredi 17 février 2016, 12 h 34
Plieux, mardi 16 février 2016, une heure du matin.
Quelquefois le complexe remplaciste central s’embrouille un peu et se dément lui-même, en quelques minutes ; ou bien il est tellement assuré de sa toute-puissance, et de l’hébétude du peuple à remplacer, que le moindre souci  de cohérence l’a quitté. 

Ainsi, ce soir, la séquence quotidienne d’endoctrinement en faveur de l’invasion et du changement de peuple, au journal de huit heures de France 2, nous présentait, entre autres cas intéressants et touchants, celui d’un jeune Marocain échoué Dieu sait comment à la frontière macédonienne. Déjà on se demandait in petto comment et de quoi un Marocain pouvait bien être “réfugié”, mais, quelques minutes plus tard, voici justement un grand reportage sur une colossale réalisation du royaume chérifien, la plus grande usine du monde d’exploitation de l’énergie solaire, qui met l’Afrique, nous explique-t-on, à la pointe de la recherche et de la modernité industrielle.

À propos de Maroc, justement, j’étais persuadé que Fabrice Robert plaisantait, l’autre jour, lorsqu’il annonçait qu’en Algérie on protestait contre l’excessive marocanisation de la vie politique française, du fait de la présence de quatre Marocaines, pas une de moins, dans le gouvernement de Manuel Valls en sa nouvelle composition. Mais pas du tout, c’était la stricte vérité : il y a bien à ce propos des grincements de dents dans Alger. Comme au congrès de Berlin, les puissances coloniales se disputent les territoires à soumettre. En 1905 la France et l’Allemagne rivalisaient d’influence au Maroc : en 2016 le Maroc et l’Algérie se querellent autour des dépouilles de la France. La réalité publie tous les jours un article dans Le Gorafi.

À peine désignée comme ministre de la Culture Mme Audrey Azoulay, dont le père était un des plus proches conseillers des rois Hassan II et Mohammed VI, s’est précipitée, ainsi que l’exigeaient les devoirs de sa charge, à la soirée des Victoires de la Musique. Y a été couronné un certain Gandhi Djuna, dit Maître Gims, rappeur congolais, dont on apprend depuis que, auréolé par ce succès, il va devenir français. Mme le nouveau ministre a été huée, je ne sais pourquoi. “Conseillère Culture” auprès de François Hollande (une appellation qui est déjà tout un programme), elle cherchait la semaine dernière qui pourrait bien être nommé pour succéder à Mme Fleur Pellerin, d’origine coréenne, elle, non reconduite dans ses fonctions. Après un tour d’horizon de sa part, c’est la sélectionneuse en personne qui a été sélectionnée. François Hollande ou elle-même avaient auparavant envisagé de confier le poste à Mme Anne Sinclair, passée conjugalement de Dominique Strauss-Kahn à Pierre Nora, ce qui est indubitablement le signe d’un désir d’ascension intellectuelle, à défaut d’autre chose. N’empêche : il y a quelques années ou seulement quelques mois j’aurais trouvé hallucinant qu’on puisse seulement envisager d’offrir le ministère de la Culture à Anne Sinclair. En 2016 je suis obligé de m’ébaubir qu’elle l’ait refusé. Qu’est-ce que la culture en France en 2016 ? Ce dont Anne Sinclair refuse le ministère. Il ne nous reste plus qu’à attendre Maître Gims.

Quant à Mme Pellerin, remplacée au gouvernement, en tant que représentante des Français d’origine coréenne, par le délicat sénateur Placé, qui ne cachait pas qu’il n’en pouvait plus d’attendre et qu’il allait faire un malheur si on ne lui trouvait pas de toute urgence un strapontin à maroquin, elle explique que sa “feuille de route”, telle qu’attribuée par le chef de l’État à son arrivée rue de Valois, se résumait à ceci : 

« Va au spectacle et flatte ».

Ce qu’elle fit — on la sent un peu amère d’avoir été éconduite. Elle assure néanmoins qu’elle reste une militante du changement — du changement de peuple, suppose-t-on, puisque c’est manifestement la principale ambition du gouvernement qu’elle quitte. Je crois bien qu’il n’y a plus que moi à n’être pas un militant du changement. Mon modèle politique est la vieille femme de Syracuse, qui, seule de son espèce, priait pour la conservation de Denys le Tyran. 

voir l’entrée du mardi 16 février 2016 et son image dans Le Jour ni l’Heure

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