Insoumission. Journal 2016

créée le mardi 17 mai 2016, 23 h 43
modifiée le dimanche 22 mai 2016, 11 h 38
Plieux, lundi 16 mai 2016, minuit.
J’ai été agacé aujourd’hui — je n’aurais pas dû me laisser l’être — par deux petites polémiques ou bisbilles, plutôt, insignifiantes, certes, mais hautement significatives néanmoins.

La première, très brève, m’opposait à Hubert Huertas, ancien rédacteur en chef politique de France Culture, aujourd’hui à Médiapart, magazine en ligne qu’un plaisant surnommait ce matin Mediafart, ce journal-ci va bien vite comprendre pourquoi. Huertas, avec lequel je n’avais jamais eu le moindre rapport, que je sache, a commencé par m’attaquer en estimant publiquement que je radotais, ou plus exactement faisais toujours le même tweet, à propos du Grand Remplacement. C’était une petite agression, mais relativement courtoise. J’ai répliqué, avec plus ou moins d’opportunité, mais la plus entière courtoisie, pour le coup, que c’était le remplacisme, ce totalitarisme, qui insistait et se manifestait dans tous les domaines. Sur quoi tout à trac, de sa part,  ceci :

« Si vous le voulez bien on ferme la boîte à pets... J’ai compris et je préfère aérer. »

Sur un fil parallèle il prenait à partie Robert Ménard pour avoir vu dans l’élection d’un musulman à la mairie de Londres un signe ou un effet, la marque, du Grande Remplacement ; et il faisait remarquer au maire de Béziers que c’était le vote des Londoniens, les élections, pas le Grand Remplacement, qui avaient mis Sadik Khan là où il était. Sur quoi j’observais, évidemment, que les élections étaient l’expression suprême du Grand Remplacement, sa traduction par les urnes. Mais Huertas :

« Comme je sentais hélas, on appuie et ça fait effectivement “prout”. »

Je veux bien que M. Huertas ne désire pas débattre avec moi, et je ne tiens pas spécialement à débattre avec lui, mais enfin c’est lui qui a ouvert les échanges, et qui les referme presque aussitôt, avec ces phrases dont la grossièreté, que rien n’annonçait, et que rien n’appelait non plus, me confond. Ainsi on en est là ? Voilà comment s’exprime un “grand” journaliste, aussitôt qu’on se trouve n’être pas d’accord avec lui ? Moi qui suis convaincu que la politesse et les formes ne sont jamais si nécessaires qu’en les moments de plus rigoureux désaccord, je reste stupéfié par ce ton, sa bassesse et sa vulgarité.

L’autre histoire est encore plus insignifiante, mais plus filandreuse. Elle a pour protagoniste ce jeune Édouard Danglade, secrétaire départemental des jeunes “Les Républicains” de la Vendée, qui m’avait agressé le mois dernier à propos du prix — cinquante euros, trente pour les étudiants et les chômeurs — du banquet antiremplaciste de Plieux. Il estimait ce prix du “vol organisé”, mais l’expliquait par la nécessité pour moi d’entretenir ce château. Je m’étais contenté de noter cet épisode bêta dans l’“agenda”, sans commentaire. Mais voici que le même Danglade, ce matin, me reproche de parler de lui dans mon journal, auquel il ne peut accéder, dit-il, parce que c’est payant. Je lui explique qu’il ne s’agit pas de mon journal mais de mon agenda. Il rétorque que journal, agenda, ça n’y change rien ; et de toute façon c’est payant, donc je parle, selon lui, « de manière dissimulée. Un manque de courage peut-être ? ».

Pour le manque de courage je plaide coupable : il va sans dire que l’idée d’affronter au grand jour M. le responsable “Actions de terrain” des Jeunes “Les Républicains” de Vendée me terrifie. Mais la “manière dissimulée” me chiffonne : à  ce compte-là toute publication dans un livre, dans une revue, un magazine, un quotidien, toute publication, en somme, serait une dissimulation, paradoxalement, puisque le public devrait payer (un euro, en l’occurrence) pour accéder à son contenu. Mais il se trouve, en plus, que l’agenda est bel et bien d’accès gratuit, de sorte que ce reproche sans substance est aussi sans fondement.

« Du moins le problème n’est pas là Monsieur Camus. Ces lignes sont fausses ! Je n’ai jamais parler de vole organisé ! Vous mettez ma qualité de responsable dans un parti politique en jeu.

 — Ah ? Quelle était votre expression exacte ? Je corrigerai bien volontiers.

— En quoi ma qualité de responsable LR à un rapport avec ca ? J’ai été grossier ? Je reconnais “vole organiser” je vous l’accorde. Mais en aucun cas vous avez à mentionné mon appartenance à un parti ! Et à véhiculer des informations de la sorte. »

Voilà un jeune homme qui ne manque pas d’air, par exemple : il ira loin ! Il m’agresse tout à fait en public, avec des tweets lisibles de tous, gravement attentatoires à mon honneur puisqu’il m’accuse de “vole organiser” et de détournements de fonds, travaux privés payés avec le produit d’un “vole organiser”. Il m’attaque bien sûr en tant que “personnalité politique”, si j’ose dire, lui-même se présentant, sur son compte Twitter, comme « Responsable Actions de terrain chez @jeuneerep85. Je crois en @Bruno Retailleau et je soutien #Fillon2017 ». Et il a le front de trouver mauvais que je fasse état de ses initiatives et qualités, sans y apporter le moindre commentaire (ah, si : « de façon assez grossière »). S’il pense que je le fais dans un journal payant j’agis par dissimulation et par manque de courage ; et s’il est obligé d’admettre que c’est dans un agenda public et gratuit, je manque de discrétion…  

J’imagine que le malheureux a dû se faire taper sur les doigts par ses supérieurs, voire par @Bruno Retailleau en personne, l’homme en lequel il croit. Et je constate que les échanges politiques, à l’avenir, se feront avec des gens qui parlent ou qui écrivent de vole organiser et de ce qu’on peut avoir à mentionné ou pas (@ICES_UnivCatho@  en Science Politique).

voir l’entrée du lundi 16 mai 2016 et son image dans Le Jour ni l’Heure

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