créée le dimanche 15 janvier 2017, 10 h 40
modifiée le dimanche 15 janvier 2017, 11 h 05
Plieux, vendredi 13 janvier 2017, deux heures du matin.
Peut-être est-il admissible, voire politiquement vertueux, de hiérarchiser les races (-qui-n’existent-pas) comme depuis toujours on hiérarchise les classes, non par leur vertu, justement, leur intelligence ou leur beauté, mais par leur situation par rapport aux privilèges, leur degré d’aisance, de développement, de “favorisation” ou “favorisité” (comme dans “milieu défavorisé”). On s’apercevrait alors de l’intensité de l’homomorphie, comme j’aime à dire, entre races-qui-n’existent-pas et classes qui n’existent plus qu’à peine (c’est-à-dire qui n’existent plus qu’économiquement, une donnée tout à fait secondaire) ;  et surtout de leur homocinésie : toujours et partout s’impose, ne serait-ce que par le nombre et, si j’ose dire, le poids, la couche inférieure (peut-être pas tout à fait inférieure, d’ailleurs) : je veux dire la plus défavorisée, ne serait-ce que culturellement, de la société et de l’humanité. Le Grand Remplacement est parfaitement homomorphe au Petit. Le répondant démographique de la Dictature de la petite bourgeoisie, c’est la submersion ethnique. Les blancs, par leur situation de privilège, ont été un long moment les aristocrates de la planète, et nous sommes en 1793. Ils en ont été les bourgeois, et nous sommes en 1968. Prolétarisation et tiers-mondialisation ne font qu’un, ainsi qu’il est observable à l’œil nu dans une Europe en voie de bidon-urbanisation précipitée.

On apprenait hier que la pratique du marchandage — pudiquement rebaptisée “négociation des prix”, mais c’est toujours le marchandage, ou la palabre — se généralisait. Les gens discutent du prix de tout, légumes, chambre d’hôtel, voiture, assurance, maison. Cela signifie bien sûr que les choses n’ont plus de prix, ou plus exactement que leur prix dépend de la tête de l’acheteur, de son talent de négociateur, de sa bonne mine, de son importunité et de sa chance. En ces palabres se rejoignent le déclassement (social, intellectuel, mœursal) typique de la DPB, et la diffusion planétaire des modèles du sous-développement. C’est d’un même mouvement que, en partie sous l’effet de la crise économique, mais bien davantage comme une conséquence du remplacisme global, l’Européen déculturé, et bientôt décivilisé, devient à la fois prolétaire et africain. Il n’est pas indifférent que cela se passe sous l’égide du marchandage, qui souligne opportunément, en gracieuse et subliminale référence debordienne, le caractère de marchandisation de toutes les composantes de ce tableau, l’homme éminemment compris — ce même homme qu’on voit rituellement, en cette hideuse période des soldes, se précipiter, comme la matière fluide, voire liquide, qu’il est (Zygmunt Bauman est mort la semaine dernière), sous le rideau de fer en train de se lever des “grandes surfaces”, culturelles ou autres, pour se jeter comme une bête sur les choses.  

Dans le contexte du remplacisme global, la MHI doit être comprise comme un processus. Il y a d’un côté la matière première humaine, non dégrossie, non domestiquée, ingérable (les remplaçants) ; et, en face d’elle, l’homme-produit, pour ne pas dire l’homme-objet (“J’adopte un mec”, et je le jette dans mon caddie), soigneusement hébété par l’industrie de l’hébétude en ses trois branches, et voué au Grand Remplacement par obsolescence programmée (les remplacés).    

voir l’entrée du vendredi 13 janvier 2017 et ses 4 images dans Le Jour ni l’Heure

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