créée le dimanche 14 janvier 2018, 12 h 26
modifiée le mardi 16 janvier 2018, 23 h 30
Plieux, samedi 13 janvier 2018, deux heures et demie du matin (le 14).
La liberté d’expression a été inventée principalement au bénéfice de la presse — moyennant quoi la presse, devenue “les médias”, en a fait sa propriété particulière, sa chasse gardée, a entrepris d’en dépouiller tout ce qui n’était pas elle, et s’est muée en pire incarnation de la répression, jouant à elle seule tous les rôles, l’indicateur, le délateur, le commissaire de police, le garde champêtre, le juge et l’exécuteur des hautes œuvres. 

Bien. Là-dessus arrivent les réseaux sociaux, et les amis de la liberté poussent un grand ouf de soulagement. Il va devenir possible grâce à eux de tourner cette masse énorme, les médias, qui en effet font médiation, s’interposent entre les vivants et la réalité du monde, exigent des uns qu’ils s’en remettent exclusivement à eux de leur décrire et faire comprendre l’autre. 

Las — il se passe exactement la même chose que la première fois, à ceci près que l’évolution est infiniment plus rapide : elle se déroule sur dix ou quinze ans alors que la première avait pris deux ou trois siècles. Les réseaux sociaux, devenus plus ou moins “Gafa”, s’arrogent à leur tour un monopole de la vertu et de la vérité, et se mettent tout naturellement en état de contrôler la liberté d’expression des individus, totalement impuissants face à eux, qui ne sont en général que des robots, des machines, des mécanismes entièrement formalisés prenant grand soin d’apparaître comme tels et d’ôter d’emblée toute espérance, par leur apparence de falaise métallisée, comme un gigantesque Serra, aux malheureux qui, follement, prétendraient plaider leur cause devant eux.

Twitter et Facebook se sont livrés à une répression féroce, tout l’automne. Des dizaines de milliers de comptes ont été suspendus ou supprimés. Je suis moi-même exclu de Facebook, en ce moment, sans qu’aucune raison m’ait été fournie, sinon que j’aurais publié « des contenus indésirables », sans autre précision que cela : impossible d’en savoir plus, impossible de se défendre et d’argumenter — avec qui ? Le mur de métal ? On finira par regretter l’Inquisition…

Un employé de Google a été harcelé et contraint au départ parce que ses convictions politiques, sans rien d’extrémiste, de dangereux ou de scandaleux, n’étaient pas celles que souhaite promouvoir la firme géante —en l’occurrence le village global.

Amazon déclare ce soir indisponible, dans sa forme sur papier, mon opuscule Le Mot “race”, tout juste publié ce matin. Le texte n’a pourtant rien de bien choquant ; mais il suffit qu’apparaissent certains mots, et race est sans doute le premier d’entre eux, pour qu’aussitôt les robots se mettent en alerte, et bloquent tout discours qui les contient, surtout quand ils sont proférés par des suspects. Les humains n’agissent guère autrement, à la vérité, et s’empressent de signaler aux officines toute occurrence de juif, noir, arabe, musulman, génocide, immigration, remigration, sans se donner un instant la peine d’essayer de comprendre les phrases qui les contiennent. C’est que les humains sont eux-mêmes robotisés : les fabriques de robots y ont veillé. 

voir l’entrée du samedi 13 janvier 2018 et son image dans Le Jour ni l’Heure

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