créée le lundi 5 août 2019, 18 h 20
modifiée le lundi 5 août 2019, 19 h 01
Plieux, lundi 5 août 2019, six heures du soir.
Comme il était à prévoir, les demandes d’interviews pleuvent. L’une d’entre elles m’a mis dans un tel état de fureur que j’y ai répliqué sur un ton un peu vif. Elle émanait d’une journaliste de Die Welt qui déjà était venue ici au printemps, avec d’autres représentants de la presse internationale, et qui déjà m’avait frappé par son peu d’écoute — plus exactement par son air de savoir parfaitement à quoi s’en tenir, d’avoir son siège fait depuis longtemps, et d’être bien résolue à ne pas se laisser embobiner par des explications inutiles. Conformément à ce schéma, cette dame m’écrivait ceci, ce matin : 

« Bonjour Monsieur, 

 « J’ai eu le plaisir de vous rencontrer au mois de mai avec un petit groupe de confrères européens.

 « Mon journal souhaite avoir votre position sur le fait que le terroriste d’El Paso s’est referé à votre „théorie“ (qui n’est pas une, je le sais bien) du Grand Remplacement.

 « J’ai vu que vous avez réagi sur Twitter et je me souviens aussi de votre réponse pendant notre entretien, mais permettez-moi de vous demander une nouvelle fois la précision : 

 « - Pourquoi réfutez-vous tout lien de votre livre aux actes commise au nom du „Great Replacement“, quels sont vos arguments ?

 « - À vos yeux, comment pourrait-on arrêter le grand remplacement, est-ce possible par des moyens intellectuels ? (Vu que vous êtes persona non grata dans l’édition et le milieu des médias français) ?

 « - Avez vous des regrets que votre livre (pas traduit) ait provoqué des tels actes ? 

 « - Souhaitez vous les condamner publiquement ?

« Malheureusement je n’ai pas votre numéro de téléphone. Je serais ravie d’échanger avec vous. 

 « Bien cordialement,

 « Martina Meister »

DIE WELT

Ulcéré, je viens de répondre à cette dame ceci — qui pourra servir pour d’autres journalistes : 

« Madame,

 « Une au moins de vos questions est parfaitement insultante, et bien caractéristique du présent état intellectuel et moral du journalisme de collaboration au génocide par substitution en Europe. C’est :

« “Avez vous des regrets que votre livre (pas traduit) ait provoqué des tels actes ?” 

Une telle question implique, présuppose et contient très abusivement sa réponse. Ce n’est pas une question, c’est une affirmation. Elle montre, accessoirement, que vous n’avez pas lu mon livre et n’avez pas la moindre idée de mon œuvre et de ma réflexion, dont le concept central est celui d’in-nocence, de non-nocence, de non-nuisance, de non-violence. Comment mon livre aurait-il pu “provoquer de tels actes” puisque de tels actes sont absolument contraires à tout ce qu’il recommande et conformes à tout ce qu’il condamne ? C’est précisément parce que je suis partisan de l’in-nocence que je suis hostile au Grand Remplacement, qui n’amène avec lui que violences, viols, meurtres, établissement de l’hébétude dans le bidonville global et décivilisation — dont votre questionnaire, répudiant toute déontologie, est un bon exemple.

« Il s’ouvre sur une affirmation totalement fausse et gravement diffamatoire. Vous écrivez que le tueur d’El Paso s’est référé à ma “théorie” (qui n’en est pas une) du Grand Remplacement. C’est parfaitement inexact. Le tueur d’El Paso s’est référé au manifesto du tueur de Christchurch, une brochure de quelques pages intitulée The Great Replacement, et qui elle-même ne fait pas la moindre référence à ma personne ou à mes travaux. Le Grand Remplacement, la chose, est de très loin le phénomène le plus important de notre époque : des millions de gens en parlent, vont en parler et vont écrire son sujet. J’ai contribué à le nommer, voilà tout, comme d’autres ont nommé en leur temps la Grande Peste, la Grande Guerre ou la Grande Dépression. Les écrits des deux tueurs n’ont strictement rien à voir avec les miens, leurs auteurs ne m’ont manifestement pas lu, ils ne se réclament nullement de moi (sans quoi ils n’agiraient pas comme ils font) et ils paraissent ne connaître même pas mon existence. Leurs vues sont extrêmement éloignées des miennes, et même contraires à elles, en cela d’abord qu’ils sont violents, dans leurs écrits et dans leurs actes, alors que je suis ardemment non-violent. L’homme de Christchurch est également très vivement nataliste alors que je suis persuadé pour ma part que toutes les prétendues politiques écologistes sont totalement vaines aussi longtemps que la population globale, Européens compris, n’est pas stabilisée ou, mieux encore, en décroissance.

« Il n’y a pas d’actes commis “au nom du Grand Remplacement” (sinon le génocide par substitution en Europe, l’ethnocide culturel, le changement de peuple et de civilisation). Le Grand Remplacement est le nom de l’actuelle substitution ethnique et civilisationnelle, le crime contre l’humanité par excellence du XXIe siècle. De plus en plus d’êtres à travers le monde sont conscients de cette monstruosité, malgré les efforts de gens comme vous et comme votre journal pour la leur dissimuler. Ils luttent contre elle comme ils le peuvent, les uns par des écrits et conférences, les autres ou les mêmes par des tentatives d’action politique ; un petit nombre, enfin, par des crimes aussi monstrueux que celui qu’ils prétendent empêcher. Je m’en tiens pour ma part à la non violence, à l’In-nocence, titre d’un livre de six cents pages qui, curieusement, semble moins vous intéresser que Le Grand Remplacement.

 « Mettre un terme au Grand Remplacement ne peut se faire que par des moyens intellectuels puisque tous les moyens d’action effectifs, politiques, économiques, médiatiques, appartiennent à ceux qui le promeuvent et qui alimentent ce que j’ai nommé le remplacisme global (ça, c’est une théorie, contrairement au Grand Remplacement, qui n’est qu’un nom). J’ai essayé plusieurs fois la voie électorale, en tâchant de me présenter à la présidence de la République, en France, ou tout récemment aux élections européennes. Mais il est évident que, sans argent ni relais médiatique, cela n’a aucune chance d’aboutir à quoi que ce soit. Cependant nous avons une force, une seule, mais considérable, et nos adversaires une grande faiblesse. Nous sommes porteurs d’une vérité : à savoir qu’il y a bel et bien un changement de peuple et de civilisation, qu’il a lieu maintenant et que c’est un crime épouvantable, car aucun gouvernement n’a le droit moral de changer de peuple. La société remplaciste ressemble beaucoup à la société soviétique en ceci qu’elle est entièrement construite sur le mensonge. Le plus actif négationnisme aujourd’hui, c’est la négation du Grand Remplacement. Or ces sociétés bâties sur le faux tendent à s’effondrer d’un coup. Une étincelle de vérité y suffit. 

« Condamner publiquement de tels actes ? Très volontiers, si vous voulez, avec horreur, et dix fois plutôt qu’une. Mais pourquoi aurais-je à le faire ? Toute mon œuvre les a condamnés par avance depuis toujours. Ce à quoi ils ressemblent le plus, comme une image dans un miroir, c’est à ceux de l’Occupant en Europe colonisée.

« Bien entendu vous ne publierez pas mes réponses, ou si tronquées, trafiquées ou traduites de travers qu’elle me feront dire le contraire de ce que je dis. Je suis très habitué à ces procédés. Mais je pourrai les publier, moi, pour quelques dizaines de lecteurs. C’est pourquoi je vous remercie très vivement, Madame, de vos intéressantes et révoltantes questions ; et vous prie d’agréer l’assurance de ma vive considération,

Renaud Camus

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