créée le dimanche 26 juillet 2020, 11 h 58
modifiée le dimanche 26 juillet 2020, 12 h 14
Plieux, samedi 25 juillet 2020, minuit.
Frank Buhler se présente comme l’homme qui a lancé le mouvement des Gilets jaunes. Ancien responsable du Front national dans le Tarn-et-Garonne, si je ne me trompe, puis du mouvement de Nicolas Dupont-Aignan, dont j’oublie le nom, il était membre du CNRE, dont il a démissionné hier. À vrai dire je l’en tenais à l’écart depuis un certain temps, et n’avais plus de relations avec lui, à cause de prises de position extrêmement aventurées de sa part, que nous ne pouvions paraître assumer, d’autant qu’il lui est arrivé de les publier, dans un français exécrable et plein de fautes d’orthographe, avec référence au CNRE, que je l’avais prié de retirer. Il a répliqué, sans beaucoup de pertinence à mon gré, que moi aussi je publiais au nom du CNRE, et sans consulter personne. Il m’a été facile de lui faire remarquer que nos statuts n’avaient rien de commun, que j’étais l’un des deux fondateurs du Conseil et son président, que j’avais mandat d’en exprimer l’opinion alors qu’il était naturellement impossible, dans l’urgence de l’actualité, d’en consulter tous les membres, qui en général ne manquent pas de les approuver a posteriori, et souvent avec grand enthousiasme. Je ne sache pas que ces publications par voie expresse aient jamais provoqué d’autres réserves que des signalements de coquilles.

Buhler me reproche à présent de compromettre le CNRE par un envoi pornographique. Voici : c’est étroitement lié à l’“affaire Traoré”, et aux agissements de cette sympathique petite famille qui défraie la chronique depuis des semaines. Elle s’est engouffrée dans les remous de l’affaire George Floyd, le noir américain qui est mort sous la pression d’un policier sur son visage et sur le haut de son corps alors qu’il répétait pathétiquement I can’t breathe, I can’t breathe. Les Traoré et leurs sympathisants, qui sont nombreux et en particulier parmi les noirs de France, ont repris cette phrase terrible devenue aux États-Unis un slogan politique, et ils en ont fait en France, au moins, le hashtag à succès #OnVeutRespirer.

Or on découvrait cette semaine qu’Adama Traoré, aujourd’hui mort et que défend si véhémentement sa sœur Assa, se faisait faire des fellations, en prison, par un co-détenu qu’il menaçait à cette fin d’une fourchette. Une dame très respectable faisait remarquer drôlement qu’il était bien paradoxal, et assez savoureux, qu’un mouvement qui a pour cri de ralliement On veut respirer ! soit constitué autour de la défense d’un violeur qui imposait son sexe dans la bouche et la gorge d’un compagnon de cellule, au risque de l’étouffer, en le menaçant d’une fourchette. Prenant cette dame au mot, et lui empruntant son idée, j’ai publié sur Twitter et Facebook un “gif” pornographique figurant une fellation homosexuelle en l’assortissant du slogan #OnVeutRespirer.

Bien entendu c’était à titre tout à fait personnel, et qui n’engageait en rien le CNRE, lequel, il va sans dire, n’apparaissait en aucune façon. Je suis écrivain, j’ai produit une œuvre abondante qui est bien loin d’être toujours chaste et que je n’ai jamais reniée le moins du monde, je suis l’auteur de Tricks, j’ai toujours cru à la parfaite in-nocence du sexe tant que n’y intervenait aucune contrainte physique ou psychologique, ou le moindre abus d’autorité : les personnes qui se rallient à moi ou me soutiennent le font en pleine connaissance de cause, ou bien, si ce n’est pas le cas, leur aveuglement est entièrement de leur fait, pas du mien, car je ne crois pas m’être jamais caché de rien (point d’ailleurs essentiel dans mes prises de position politiques, et qui m’y a mené). Quant à mes tweets, comme le reste de mes travaux, auxquels je les associe étroitement, ils ne sont pas sans une dimension comique, ou qui essaie de l’être, que je n’ai jamais eu l’intention de répudier non plus. 

Buhler, et avant lui Alain Azulay qui semble devenu son âme damnée, disent à présent que cette publication pornographique a toute chance de réveiller la rumeur toujours mal éteinte de ma prétendue et toute imaginaire “pédophilie” : ce faisant ce sont ces messieurs qui font l’amalgame entre homosexualité et pédophilie, dont ils disent craindre les effets. Je suis, à leur avis, indigne du CNRE, dont Buhler, au moins, suggère que je devrais démissionner, ou, à tout le moins, quitter la présidence. J’ai toujours dit et répété que si un autre était plus qualifié que moi pour occuper la place, ce qui ne semblait pas très difficile à concevoir, je la lui céderais très volontiers — mais pas sous la pression d’un Frank Buhler, ou d’un Jean Robin avant lui.

Buhler a dit à Martel qu’il allait, ou même qu’il avait, alerté sur mon indignité, exactement comme l’avait fait Robin en son temps (ce genre de gens procèdent toujours de la même façon), tous les membres du CNRE. Je doute qu’il ait quoi que ce soit à leur apprendre. Que je voie sans horreur les pipes et les pompiers (mais pas sous menace d’une fourchette, ou de quoi que ce soit d’autre), que j’ai même tendance à m’en amuser (mêmes réserves), voilà qui peut difficilement passer pour une information, après Tricks et quarante volumes de journal (enfin, vingt, car les plus récents abordent peu, et pour cause, ce genre de questions, au grand regret de certains lecteurs). 

voir l’entrée du samedi 25 juillet 2020 et ses 2 images dans Le Jour ni l’Heure

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