créée le samedi 14 novembre 2020, 11 h 18
modifiée le samedi 14 novembre 2020, 11 h 25
Plieux, vendredi 13 novembre 2020, minuit et quart.
Le Monde publiait hier, sans doute à l’occasion du cinquième anniversaire du massacre du Bataclan, un grand article — ce qui s’appelle une enquête, je crois… — à propos du terrorisme et de quelques idées reçues dont il conviendrait de se libérer au plus vite, si on voulait vraiment faire avancer les choses. Ainsi, regrettait Le Monde, la plupart des Français étaient convaincus, Dieu sait pourquoi, qu’il existe un lien entre terrorisme et immigration. Or Le Monde était désolé mais les chiffres sont là. L’enquête prouve de façon irréfutable que la grande majorité des actes terroristes ont été commis, non par des immigrés mais par des Français. C’est peut-être regrettable, mais c’est ainsi. Le lien entre terrorisme et immigration est un fantasme, une illusion, une théorie du complot, comme hélas il y en a tant.

On est évidemment là au cœur du négationnisme de masse. Et ce qui est nié avec le plus d’énergie et d’arrogance, c’est ce qu’on est tenté d’appeler la race, pour simplifier, et qu’on nommera l’appartenance ethnique, par esprit de conciliation, bien que ce soit déjà s’aventurer sur le terrain de la négation, se compromettre avec elle pour essayer — vaine entreprise car elle est un bloc — de l’amadouer. Les terroristes, s’ils ne sont pas des immigrés au sens très strict et très étroit soudain seul recevable (des migrants, en somme), sont tous, il suffit de voir la liste de leurs noms pour s’en convaincre, des descendants d’immigrés, des immigrés de deuxième ou troisième génération. Ils sont français comme les Pieds-Noirs étaient africains. Ils sont français comme les quartiers populaires sont populaires ou les transferts sociaux sociaux. Ce qui est nouveau dans l’enquête, c’est le degré de cynisme et de provocation atteint. Le raisonnement qui sous-tend un tel article est évidemment complètement imbécile et il s’en cache à peine, ou même ne s’en cache pas du tout. Il étale son imbécillité comme un défi. Pour le prendre un seul instant au sérieux il faut être complètement imbécile soi-même, ou bien complètement hébété par tous ceux qui l’ont précédé (l’ensemble du négationnisme de masse), ou encore terrorisé (ne pas le croire et on est perdu : quoi, vous oseriez dire que le roi est nu ?). La question est de savoir si pareille “enquête” est le reflet d’un pouvoir idéologique aux abois, qui n’a plus à opposer à la réalité que des arguments ridicules, dépouillés même de la force de se vêtir du moindre accoutrement de vraisemblance, ou bien d’un pouvoir tout puissant au contraire, sûr de son invincibilité, qui n’aurait même plus besoin de cacher la provocante absurdité de ses légitimations. 

voir l’entrée du vendredi 13 novembre 2020 et ses 7 images dans Le Jour ni l’Heure

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