créée le mercredi 24 août 2022, 19 h 12
modifiée le mercredi 24 août 2022, 19 h 38
Plieux, mercredi 24 août 2022, cinq heures de l’après-midi.
Brûler ses vaisseaux est une passion dont on ne se débarrasse jamais, je le crains. Ainsi je publiai hier ceci, qui certes ne constitue rien de nouveau dans l’ensemble de ma réflexion, mais en rappelle et concentre tout un pan de façon qu’on peut dire un peu abrupte, stratégiquement :

« Quiconque

« 1. appelle musique autre chose que la musique classique

« 2. tutoie et appelle par leur prénom d’autres gens que ses frères, sœurs, amants, maîtresses et amis d’enfance

« 3. nomme “papas” et “mamans” les pères et les mères

« est un allié objectif du remplacisme global davocratique et un complice du génocide par substitition.

« Ce qu’ayant dit il se rendormit paisiblement. »

C’est le premier point qui a suscité la plus grande fureur, évidemment (ou bien il a empêché qu’on en arrive aux autres). Et encore avais-je mis de l’eau dans mon vin, car par “musique classique”, pour ma part, je n’entends guère que la musique de la deuxième moitié du XVIIIe siècle ; et naturellement elle n’est pas du tout ce que je voulais dire.

Les passionnés de jazz sont les plus ardents, en ces combats douteux. Et je ne suis pas dans une situation facile à leur égard, car si j’aime beaucoup l’art africain, souvent, il est bien vrai que je n’aime guère le jazz, personnellement, même si m’impressionnent la passion et le respect qu’il peut susciter de la part d’excellents musiciens — encore que, pour être tout à fait franc, j’ai toujours entretenu une certaine réticence à l’égard de ses thuriféraires, qui m’ont toujours paru être, comme les libéraux-unionistes au temps de Wilde, le site d’un compromis, mais celui-là moins politique que social et intellectuel, artistique et esthétique : une sorte de seconde classe du goût. Cependant la question n’est pas là. Il ne s’agit pas pour moi de critiquer le jazz ; mais seulement d’observer, ce qui me semble incontestable, qu’il a été le passage de la mer Rouge pour tout ce qui a suivi, “musicalement” et démographiquement, c’est-à-dire en matière de Petit Remplacement et de Grand. Jamais il ne s’est agi pour moi de soutenir qu’il n’était pas de la musique, non plus d’ailleurs que tous les autres types de son exotiques, populaires, traditionnels ou commerciaux. Il y a seulement qu’il n’était pas ce que l’on voulait dire quand on parlait de musique dans la France et dans le français d’avant le Petit Remplacement. Au fond, ce qui est passé d’un bord à l’autre, c’est le qualificatif, le qualificatif en soi, le fait qu’on qualifie. On disait la musique pour ce que je continue d’appeler la musique ; et en face d’elle il y avait les musiques “qualifiées”, le jazz, les musiques traditionnelles, les musiques populaires, les musiques commerciales, les variétés, le rock, le rap, etc. De même il y avait le comte de La Luzerne, le seul, le vrai, et toute une flopée de frères et de cousins, le comte Louis de La Luzerne, le comte Josquin de La Luzerne, le comte Pierre-Paul de La Luzerne, qui étaient comtes si l’on veut mais qui n’étaient pas le comte de La Luzerne. Pareillement, dans les romans de Jane Austen, il y a Miss Bennet, l’aînée, qui seule a droit à n’avoir pas de prénom, puis Miss Elizabeth Bennet, Miss Lydia Bennet, etc. Avec le Petit Remplacement les variétés, le rock, le rap et même la disco ou la chansonnette sont devenues la musique, à la fin du XXe siècle, même dans la langue des intellectuels, et la musique tout court, elle, Miss Bennet, est devenue la musique classique, ou la musique savante : un hobby de chapelle, un vestige un peu suspect de l’histoire culturelle, presque une excentricité. Il n’y a guère que le mot culture qui ait fait l’objet d’un renversement comparable. Or je crois cette révolution décisive dans la marche au Grand Remplacement.

Pierre et moi sommes passés près d’une fête de “jeunes”, l’autre soir, dans la campagne. La bande-son était assourdissante, naturellement. Mais surtout elle n’avait plus rien de français, ou même d’européen. Non seulement elle était toute américaine, afro-américaine,  américano-africaine, améfricaine, mais pour la première fois je remarquai qu’elle était surtout africaine, directement ; et les danses prennent le même tour. L’Amérique n’a servi que de détour, de transition, de leurre, de truchement. Et faut-il écrire qu’on peut difficilement compter sur ceux et celles qui se trémoussaient sur ce son-là pour se révolter contre le génocide par substitution ? Par la “musique” ils sont déjà améfricains. Demain ils seront africains.

Pour donner une idée de l’ardeur et de l’élévation du débat, cet élégant “statut” d’un certain “Antoine François”, plutôt sur la question des prénoms, évidemment, mais bien sûr tout est lié :

« Et vous cher Renaud, à partir de combien de centimètres intériorisés vous vous autorisez à tutoyer vos petits amis ? Quelle place a le remplacisme anal sur votre échelle de la décadence ? »

voir l’entrée du mercredi 24 août 2022 et son image dans Le Jour ni l’Heure

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